Accueil / Article Village de la Justice / Qui sont les juristes ? Enquête du cabinet Intuitu Personae

Qui sont les juristes ? Enquête du cabinet Intuitu Personae

Dans le cadre de notre partenariat avec Le Village de la Justice, nous publions régulièrement des articles présents sur le site de la communauté des métiers du Droit. Retrouvez les tous sur leur site, www.village-justice.com.

Le cabinet de conseil en recrutement Intuitu Personae a réalisé fin 2012 une étude sur la population des juristes en France (au sens large [1], en s’appuyant sur sa base de données de candidats.
Voici quelques chiffres et analyses proposés, en différenciant les avocats des « autres juristes ».

Ou habitent les juristes ?

Capture_d_ecran_2013-03-01_a_15-59-01-350d0

L’immense majorité des juristes non avocats (74 %) serait en Ile-de-France et surtout à Paris et dans la banlieue Ouest (Paris : 35 %, Ile-de-France Ouest (Hauts-de-Seine et Yvelines) : 22 %, reste de l’Ile-de-France : 17 %).

En province, les villes à plus forte densité de juristes sont, dans un ordre décroissant : Lyon, Toulouse, Marseille, Lille, Nantes. Selon les régions, ils ne se répartissent pas proportionnellement à l’implantation des entreprises et des cabinets sur le territoire français.

Le croisement d’information ci-contre proposé par Intuitu Personae montre quelques déséquilibres entre « l’offre » et « la demande » de juriste (en nuançant malgré tout car le nombre d’entreprises n’indique pas le nombre de juristes qu’elles emploient…).

Pour les avocats, la proportion est bien plus forte en Ile de France. Mais l’ont sait qu’il y a désormais 25.000 avocats au seul barreau de Paris, ce qui signifie qu’en ajoutant les barreaux d’Ile de France, plus d’un avocat sur deux travaille dans cette région.

Quelles langues parlent les juristes ?

« Nous avons retenu un niveau de langues « correct », c’est-à-dire que le locuteur est en mesure de se faire comprendre et de comprendre une conversation professionnelle normale avec un niveau de difficultés moyen. 43% des juristes semblent avoir atteint ce niveau pour l’anglais selon l’analyse que nous avons faite de leurs CV : emploi d’une durée significative dans un cabinet ou une entreprise où la pratique de cette langue est indispensable, séjour suffisamment long dans un pays où l’anglais est parlé ou bien sert de langue d’échange entre expatriés, origine du candidat, niveau d’études et niveau atteint aux tests tels que les TOEIC, TOEFL, CLES ou IELTS. »

Pour les autres langues correctement maîtrisées par les juristes, 6% des juristes parlent espagnol, 4% l’allemand, 2% l’arabe ou l’italien.

Pour les avocats, c’est un peu différent : 83 % affirment parler l’anglais. « Sur cette proportion, après analyse des curriculum-vitae, nous évaluons le pourcentage d’avocats candidats qui ont une pratique professionnelle de cette langue à 47 %, ce qui est sans doute plus important que ce qu’on pouvait penser. » 8 % parlent bien l’espagnol, 4 % l’allemand.

Comment a évolué le niveau d’études des juristes ?

Si un niveau bac + 4 était le niveau atteint par la majorité des juristes il y a vingt ans, le niveau est désormais au minimum bac + 5.

Voici la répartition du niveau des candidats juristes (ici on ne parlera pas de notaires ou d’avocats, ayant un diplôme spécifique) dans la base d’Intuitu Personae :
- doctorat : 3 %
- master II et assimilés (ex DESS et DEA) : 72 %
- master I (ex licence en droit, devenue maîtrise) : 15 %
- inférieur à master I : 10 %.

arton532gif-f1e4-65edf

Intuitu Personae, à l’origine de cette étude

Intuitu Personae pose ensuite une bonne question : quelle est la corrélation entre la spécialité d’un diplôme et la fonction exercée ? Autrement dit, quelle est la probabilité qu’un diplômé en droit pénal fasse du droit pénal son gagne-pain ?

Et bien les taux de corrélation sont souvent faibles. Globalement seulement 39 % des juristes exploitent un domaine du droit qui correspond à leur majeure de troisième cycle. Un chiffre très proche de celui publié par l’INSEE pour l’ensemble des formations [2].

Par exemple :

-  Diplôme en droit des affaires : 65 % des juristes ont une fonction qui les conduit à utiliser leurs connaissances en droit des affaires.

-  Diplôme en droit social : 87 % des juristes ont une fonction qui les conduit à utiliser leurs connaissances en droit social.

-  Diplôme en droit privé : 15 % des juristes ont une fonction qui les conduit à utiliser leurs connaissances en droit privé.

-  Diplôme en droit international : 5 % des juristes ont une fonction qui les conduit à utiliser leurs connaissances en droit international.

On rapprochera ces chiffres de ceux publiés par l’INSEE pour l’ensemble des professionnels : 60 % des actifs de 15 à 55 ans ont une spécialité de formation professionnellement ciblée. Parmi eux, seuls 40 % ont un emploi correspondant à celle-ci et ce sont les titulaires de bac+2 et bac+5 qui sont le plus souvent en adéquation, à l’opposé des titulaires de baccalauréats, professionnel ou technologique.

Quelle est la proportion de juristes ayant une responsabilité hiérarchique ?

10 % seulement des juristes ont (ou ont eu) des fonctions d’encadrement d’après Intuitue Personae.

« Pourtant plus de 90 % des juristes ont obtenu le statut de cadre. Si on considère que le juriste a vocation à être un cadre, on constatera que celui-ci est plus souvent un juriste unique et qu’il n’a donc pas de subordonnés, à la différence des cadres des autres fonctions »… ce qui ne signifie pas qu’il n’ait pas de responsabilité hiérarchiques avec d’autres services de l’entreprise évidemment, de par son rattachement réel.

Quels sont les domaines d’activité des juristes ?

Capture_d_ecran_2013-03-01_a_16-06-34-d1651Naturellement, plus l’entreprise est petite et plus le juriste se doit d’être généraliste. « C’est ce qui explique que le droit des affaires au sens large (c’est-à-dire le droit des relations contractuelles des entreprises) soit pratiqué par une très grande partie des juristes. « 

Pour les autres « spécialités », on consultera les résultats ci-contre (Les occurrences inférieures à 1 % n’ont pas été citées. Ces pourcentages ne s’additionnent pas car les juristes peuvent pratiquer plusieurs domaines du droit simultanément).

Enquête réalisée en 2012 par Intuitu Personae.

Rédaction: Village de la Justice

Notes

[1] Intuitu Personae étudie ici les juristes d’entreprises, d’associations, de collectivités locales, les avocats, les notaires mais aussi toutes les autres professions où une formation juridique est impérative.

[2] www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc…

A propos de Jean-co

Etudiant en Licence Droit à l'Université Toulouse 1 Capitole, suite au congrès national d'Octobre 2011, il occupe le poste de Vice-Président en Charge de la Communication

Commentez cet article !

Votre adresse de messagerie ne sera pas rendue publique. Champs obligatoires *

*