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Création d’une nouvelle section CNU en économie : Une véritable avancée ou un simple effet d’annonce?

L’économie a mis longtemps à s’imposer en tant que telle comme discipline universitaire. En effet, c’est à partir de 1968 que l’économie a commencé à exister indépendamment des autres disciplines de sciences sociales, ne mettant ainsi qu’une poignée d’années pour s’imposer. Cependant, l’enseignement de l’économie s’est trouvé tiraillé entre deux courants de pensée sur la manière de l’appréhender. D’un côté, une pensée défendue par des orthodoxes imprégnés d’une approche très mathématique et mécaniquement analysée. De l’autre, une pensée hétérodoxe prônant une plus grande pluridisciplinarité au sein de l’enseignement en y incorporant des principes de pensée économique tels que la sociologie.

Le rapport Hautcoeur intitulé “L’avenir des sciences économiques à l’Université en France” avait ainsi dressé un constat alarmant sur l’enseignement de l’économie à l’échelle universitaire en prônant la transversalité de la discipline. De plus, dans ce même rapport était spécifié que la manière de recrutement des enseignants-chercheurs était empruntée à un certain favoritisme archaïque favorisant les étudiants reliés à certains enseignements.

L’ARES s’est toujours attachée, et ce pour la valorisation de la filière et de ses étudiants, à défendre la pluridisciplinarité de l’enseignement ainsi qu’une pensée alternative à l’orthodoxie dans toutes les universités de France. De plus, défendant les intérêts des étudiants, l’ARES s’attache à créer un climat de discussion et d’apaisement entre les principaux protagonistes par le biais du Conseil National de l’Économie et de la Gestion (CNEG) afin de trouver de nouvelles méthodes d’apprentissage et d’enseignement afin que ceux-ci soient en adéquation avec les attentes du monde professionnel.

Ainsi, pour l’ARES, l’importance de la présentation de ces courants dits “minoritaires” est capitale en ce qu’elle permet de s’appuyer sur une dichotomie disciplinaire entre les différentes sections du Conseil National des Université (CNU).

Suite à la déclaration de Monsieur Thierry Mandon, la création d’une nouvelle section au CNU apparaît comme un pas en avant du gouvernement dans l’optique de garantir un certain pluralisme. L’ARES ne peut que se féliciter d’une telle décision puisque celle-ci rejoint clairement les positions défendues jusqu’à présent par la Fédération et ses associations réparties sur le territoire national.

Ainsi le fait que le secrétaire d’Etat à l’ESR ait nommé trois quarts d’économistes hétérodoxes à la section 05 du CNU en 2015 fut une première avancée, permettant à l’enseignement de l’économie à l’université de s’épanouir et de s’enrichir en se rattachant aux facteurs sociétaux. Enfin ces nominations ont permis à certains doctorants issus d’enseignements hétérodoxes de porter des projets qui, auparavant, étaient en suspens du fait que les décideurs manifestaient un manque d’envie de s’attacher à des projets en contradiction avec leurs convictions.

Cependant, l’ARES restera vigilante quant à cette annonce de création de section et espère ainsi que le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche s’attachera à réaliser ce qu’il a annoncé afin de donner à l’enseignement de l’économie un nouvel élan. Celui-ci, plongé dans un esprit de coexistence des courants intellectuels ouvrirait la porte, dans la seule hypothèse d’une complémentarité effective, à une meilleure visibilité et une notoriété accrue versées au bénéfice de la filière économique.

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A propos de AlexandreA

Etudiant en Master 1 Droit et Economie à Toulouse. Élu Président au congrès de Brest en octobre 2016.

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