Accueil / Actualités des filières / Réforme de la sélection en Master : concrètement, qu’est ce qui change ?

Réforme de la sélection en Master : concrètement, qu’est ce qui change ?

Promulguée le 23 décembre 2016, une loi portant adaptation du deuxième cycle de l’Enseignement Supérieur français modifie la version en vigueur depuis le 22 juin 2000 et bouleverse l’appréhension du second cycle de l’Enseignement Supérieur. (http://www.ares-infos.org/2014/09/17/processus-bologne-vers-espace-europeen-lenseignement-superieur-recherche/)

Avant cette réforme du Master, la version légale en vigueur n’introduisait pas les trois cycles “LMD” (Licence, Master, Doctorat) tels qu’ils étaient établis par le processus de Bologne. Cette vision européenne, appréhendée comme un ensemble de cycles successifs dont les années composent un tout vers l’obtention d’un grade universitaire, était très largement plébiscitée par la population estudiantine, à l’instar de la FAGE (Fédération des Associations Générales Étudiantes) et de son réseau qui revendiquaient un alignement sur le processus de Bologne.

Dans le système archaïque et incohérent qui précédait la réforme du Master, une sélection pouvait être effectuée entre les deux années du cycle et ainsi briser sa continuité en ne consacrant pas un véritable bloc Master comme le demandait l’ARES.

Cette réforme permet donc un recrutement à l’entrée du Master. L’étudiant.e pourra ainsi suivre un cycle cohérent et complet. Un étudiant.e terminant sa première année de Master pourra parachever son diplôme par le biais d’une seconde année au terme de laquelle il se verra doté d’un grade universitaire récompensant son labeur. La sélection sera, dès lors, effectuée lors de l’entrée dans le cycle Master et non plus entre sa première et sa seconde année.

Cette réforme introduit le droit à la poursuite d’études, lequel est bel et bien l’émanation pure et pertinente du processus de Bologne. En effet, il consacre des cycles universitaires cohérents et adaptés non seulement à l’obtention des diplômes, mais aussi au bloc Master dont les deux extrémités se rejoignent pour former un corps unique, destiné à une spécialisation progressive et une ouverture tentaculaire des enseignements. Chaque étudiant.e ayant le droit de prétendre à une poursuite de ses études et une entrée en Master. Seul.e.s les étudiant.e.s ayant été refusé.e.s dans tous les masters de leur choix pourront se voir proposer plusieurs options par le recteur. Ceci dans le périmètre de l’académie, dont une option devra se situer dans l’établissement d’origine, afin d’éviter que l’étudiant.e soit contraint.e de se déplacer et d’engendrer des frais supplémentaires.

Cependant, pour certaines filières décidées par décret, et notamment la filière Droit, la réforme n’aura guère d’impact et bénéficiera d’une dérogation afin de maintenir une sélection entre les deux années du bloc Master. Cette dérogation s’explique par le fait que les examens d’entrée aux centres de formation des professions juridiques sont accessibles à partir du M1. Ainsi, opérer une gestion des flux avant la première année du Master reviendrait à ne pas laisser la possibilité aux étudiant.e.s de les présenter. En l’occurrence, cette justification est résolument infondée puisque dans les faits, ils sont en grande majorité réussis par des étudiants titulaires d’un Master 2.

Mais qu’en est-il de cette notion de droit à la poursuite d’étude pour les étudiant.e.s des formations juridiques ? Un décret doit venir clarifier la situation pour les formations bénéficiant d’un régime dérogatoire, mais il semblerait que cette notion ait tout bonnement disparu, en ce qui concerne les études de Droit. En effet, sans précision du décret, on ne peut que blâmer l’abandon d’une telle notion pour un corps disciplinaire entier. Cette sélection entre les deux années du Master, sans garantie aucune est dommageable, dans la mesure où des étudiant.e.s se retrouveront, après 4 ans d’études, sans le diplôme de Master pour lequel ils.elles se seront autant investi.e.s. De surcroît, en restant sur ce schéma, la formation juridique garde une professionnalisation des études tardive et inadaptée à la demande sociétale.

L’ARES veillera à ce que ce statu quo ne soit que temporaire.

À propos Pierre Beaupel

2 plusieurs commentaires

  1. Réjouissons-nous que l’université en France soit gratuite. Pour le reste, ne soyons pas trop capricieux. Si l’étudiant ambitionne d’intégrer un M2, je propose qu’il l’obtienne après un dur labeur, pas que l’on le lui serve sur un plateau. Un maître-mot : méritocratie.

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*